Mallarmé et la phrase unique

11150563_990356297665929_4294334902291317834_nJacques Jouet m’a invitée, au début de l’année 2015, dans le cadre de sa résidence d’auteur au Musée Mallarmé de Vulaines-sur-Seine, 77, à écrire avec lui, Frédéric Forte, Benoît Casas, Jean-Paul Honoré, un poème quotidien adressé par la poste aux habitants de la commune de Vulaines, en utilisant une enveloppe ornée par les enfants et les résidents de la maison de retraite de Vulaines.

Nous avons écrit chacun cent-vingt-cinq poèmes. Nous avons rencontré les enfants. Nous avons pris des commandes de poèmes  adressés dans le musée Mallarmé. Nous avons réfléchi à une contrainte, si possible mallarméenne, qui guiderait notre écriture. J’ai choisi d’écrire une phrase unique, quotidiennement suspendue. Ma phrase était souterrainement régie par le diurnoscope inventé par Benoit Richter.

La nuit des musées 2015 était particulièrement blanche au musée Mallarmé, avec un bal littéraire, des lectures, un flash mob, des performances (Benoit Casas dit le Coup de dé, Jacques Jouet sonne minuit sous la pendulette de Saxe), des lectures de Frédéric Forte et Jean-Paul Honoré, des ateliers d’écriture. Avec une vidéo ici de ma performance en bord de Seine, lecture à bout de souffle, à trois heures du matin, de la phrase unique.

 

Ruminations du potentiel

Dans Ruminations du potentiel, aux éditions Nous, Antiphilosophique collection (2016), j’ai écrit deux poèmes sur Marcel Proust, invitée par Jacques Jouet. Ce sont des « à supposer », des phrases uniques, longues, proustiennes, ce sont surtout des essais, sur Proust pour la partie à laquelle je participe, mais aussi le théâtre, Jacques Roubaud, et bien d’autres choses.

Vous les trouverez ici

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Un poème, un jour

IMG_1384J’écris depuis le 1er février 2016 un poème tous les jours. Ce poème est adressé par la poste à un habitant du département de la Lozère, département que j’ai choisi pour des raisons de racines familiales, pour la beauté de ses paysages et sa faible densité démographique. Ce destinataire quotidien, je ne le connais pas, il ne me connait pas, je lui écris en prenant l’annuaire du téléphone (les pages blanches en ligne), en commençant par le premier habitant de la première commune, Albaret-le-Comtal. J’ai terminé la première commune et commence la deuxième commune, Albaret-Sainte-Marie. A ce train là, je ne terminerai jamais le département de la Lozère de mon vivant. Cela n’a aucune importance.

L’envoi de ce poème est gratuit, généreux, désintéressé, altruiste, fou, absurde, irrresponsable, magnifique, collectif. Ce projet a germé dans la tête bien faite et bien pleine de Jacques Jouet, poète, romancier, écrivain tout-terrain, membre de l’Oulipo. Il a été rejoint par Jean-Paul Honoré, poète, romancier, voyageur tout-terrain. Je suis la troisième équipière. Tout le projet est expliqué ici, sur le site de l’Oulipo.