Poèmes de course à pied

Ces poèmes de course à pied sont des rondeaux, des interprétations de rondeaux, poème simple, répétitif, musical, éreintant, qui arrondit le dos au lieu de l’allonger… comme la course à pied. Poème de l’effort et du souffle, qui bien mené, petit à petit, donne l’impression de la légèreté.

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J’ai pas très envie de courir aujourd’hui
d’ailleurs il fait froid, il pleut un peu, il fait gris
je suis bien sous la couette, elle est douce
le réveil je lui ai écrasé le snooze d’un coup de pouce
je vais rester au lit aujourd’hui, jusqu’à midi

je vois mes baskets qui s’ennuient
je vois que mon collant s’ennuie
j’ai pas treize ans, pour me la couler douce

je mets mes chaussettes de survie
je mets mon t-shirt, où s’inscrit
« finisher », le contraire de la loose
je respire l’air du matin comme la grande ourse
j’épate treize zombies qui sortent du lit.

 

*

 

Courir après quoi déjà, courir

après un autre coureur, courir

après un temps, lequel

relatif, étrange, rebelle

celui qui amène un sourire

 

assez idiot, enfin appartenir

à un groupe de bariolés sans libelle

tout à coup, rire après pousser un soupir

 

de satisfaction, ou pire

de fierté parce qu’on voit luire

une médaille, qu’on trouve belle

(pourtant bien laide), on se martèle

courir après soi même, sans réfléchir

 

*

mes chaussures Mizuno attendent

mes pieds attendent

mon t-shirt n’attend plus

la rue n’attend plus

mon petit déjeuner attend

 

le soleil attend

le printemps n’attend plus

mes chaussures Mizuno attendent

 

le déjeuner attend

la boisson énergétique attend

l’huile à l’arnica n’attend plus

le verre de vin rouge n’attend plus

mes chaussures Mizuno attendent

 

*

Cinq ou six fois au tournant de la piste

on dépasse un plot rouge, une balise

si on est en avance comment faire

si on est en retard on accélère

tomber juste est un art d’équilibriste

 

On peut rire et trouver cela simpliste

de se livrer au manège esclavagiste,

on peut crier à W ou braire

cinq ou six fois.

 

Courir nombreux dans un stade ! En Hotchkiss

on va plus vite, c’est positiviste

et implacable : pourtant la belle affaire

de nourrir un moteur humain, l’enfer

décrit par Perec on relativise

cinq ou six fois.

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