Publication, roman

Au Danemark, à l’invitation des éditions Ectera et de la SLC, est paru Captations Littéraires, « Franskestemmer », un livre collectif rassemblant des nouvelles (je préfère « romans courts »), des essais sur le roman, de dix auteurs français, tous traduits en danois.
Pour leur confiance, je remercie ici Steen Bille Jørgensen, Hans Peter Lund et Sofie vestergaard Jørgensen, qui a traduit mon petit roman « De Rien » et a lu avec moi pour la soirée de lancement, à laquelle participainet également les auteurs déjà traduits au Danamark, Jacques Jouet et Célia Houdard. Quelle fête à Copenhague!
Je trouve la maquette très belle. Et je suis fière de ce livre, issu d’un beau partage. C’est mon premier roman publié, en Danois, au Danemark !

Editions Etcetera http://etcetera-forlag.dk/
SLC Société Danoise de littérature contemporaine en langue française : siteslc.dk

Poèmes de course à pied

Ces poèmes de course à pied sont des rondeaux, des interprétations de rondeaux, poème simple, répétitif, musical, éreintant, qui arrondit le dos au lieu de l’allonger… comme la course à pied. Poème de l’effort et du souffle, qui bien mené, petit à petit, donne l’impression de la légèreté.

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J’ai pas très envie de courir aujourd’hui
d’ailleurs il fait froid, il pleut un peu, il fait gris
je suis bien sous la couette, elle est douce
le réveil je lui ai écrasé le snooze d’un coup de pouce
je vais rester au lit aujourd’hui, jusqu’à midi

je vois mes baskets qui s’ennuient
je vois que mon collant s’ennuie
j’ai pas treize ans, pour me la couler douce

je mets mes chaussettes de survie
je mets mon t-shirt, où s’inscrit
« finisher », le contraire de la loose
je respire l’air du matin comme la grande ourse
j’épate treize zombies qui sortent du lit.

 

*

 

Courir après quoi déjà, courir

après un autre coureur, courir

après un temps, lequel

relatif, étrange, rebelle

celui qui amène un sourire

 

assez idiot, enfin appartenir

à un groupe de bariolés sans libelle

tout à coup, rire après pousser un soupir

 

de satisfaction, ou pire

de fierté parce qu’on voit luire

une médaille, qu’on trouve belle

(pourtant bien laide), on se martèle

courir après soi même, sans réfléchir

 

*

mes chaussures Mizuno attendent

mes pieds attendent

mon t-shirt n’attend plus

la rue n’attend plus

mon petit déjeuner attend

 

le soleil attend

le printemps n’attend plus

mes chaussures Mizuno attendent

 

le déjeuner attend

la boisson énergétique attend

l’huile à l’arnica n’attend plus

le verre de vin rouge n’attend plus

mes chaussures Mizuno attendent

 

*

Cinq ou six fois au tournant de la piste

on dépasse un plot rouge, une balise

si on est en avance comment faire

si on est en retard on accélère

tomber juste est un art d’équilibriste

 

On peut rire et trouver cela simpliste

de se livrer au manège esclavagiste,

on peut crier à W ou braire

cinq ou six fois.

 

Courir nombreux dans un stade ! En Hotchkiss

on va plus vite, c’est positiviste

et implacable : pourtant la belle affaire

de nourrir un moteur humain, l’enfer

décrit par Perec on relativise

cinq ou six fois.

Chaîne et Chine

C’est un livre de poésie.

C’est un livre de poésie qui est mon premier livre de poésie édité.

C’est un livre de poésie qui s’inspire de la poésie de Li Xingzhao.

C’est un livre de poésie qui s’inspire de la poésie de Li Xingzhao, et qui parle de tissus, de voyages, de poésie et d’autres choses.

C’est un livre de poésie qui s’inspire de la poésie de Li Xingzhao, et qui parle de tissus, de voyages, de poésie et d’autres choses, qui est sorti le  9 juillet 2016 aux éditions Poïein

IMG_1935.jpg(edit du 13 octobre 2016)  Il est épuisé chez l’éditeur, mais un nouveau tirage de cinquante exemplaires est en route. La librairie La Poterne, à Bourges, peut prendre les pré-commandes, si ce n’est auprès de l’éditeur lui-même.

On en a déjà entendu des extraits  en Normandie, à Pirou, pendant les Pirouésies d’hiver et à la fabrique PoÏein le 18 juin 2016.

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Poèmes pour voir

IMG_1963Voici quelques uns des poèmes que j’adresse quotidiennement, depuis le 1er février 2016, aux abonnés du téléphone du département de la Lozère, dans la commune d’Albaret-Sainte-Marie par exemple :

 

Bourges, le 11 avril 2016. Poème adressé à Alain Albert

Je reçois un courriel bizarre

il est dans les indésirables

(et je comprends très bien pourquoi)

car il me reproche, Busuu,

de ne pas me montrer constante

(assez) dans mon apprentissage

du japonais. Il énumère

les mauvaises raisons : le temps

qui manque, la motivation

qui fait défaut, et me hérisse

avec son argument massue :

les bilingues seraient payés

jusqu’à vingt-cinq fois plus que les

mono. J’en perdrais mon français.

 

*

Monton, le 15 avril 2016. Poème adressé à Robert Amarger

Busuu, je ne t’en veux pas trop

ce serait idiot parce que

ta lettre, – ne le prends pas mal–

n’a rien de personnel, est creuse,

ne m’apprend rien, elle me blesse

quand elle devrait m’affermir.

Busuu, je te demande, là,

de me désabonner de ton

site commercial, je refuse

« d’étudier intelligemment,

non intensément ». Je refuse !

*

Bourges, le 19 avril 2016. Poème adressé à Sophie Biscarat

Dans mon macintosch il y a un bruit

qui n’a rien d’écossais, un chat qui ronfle

et pas le plus petit voyant qui luit

pour m’indiquer qu’une porte dégonfle

tous les matins le mackintosch se plaint

me donne des signes de cacochyme

sous sa plainte je l’entends qui geint

pourtant, tout blanc, il n’a rien d’un sublime

mon macintosch est gondolé dessous

son ventre en plastique est lisse, gris, doux.

*

Bourges-Paris, le 18 mai 2016. Poème adressé à Patricia Dalle

Les produits inutiles. 1. Le lave vaisselle, 1.

plus laid qu’un objet c’est un cube blanc

un produit inutile, un besoin fabriqué

 

en usine, parfois il est laqué

de peinture gris chrome, dit élégant

 

quoi d’élégant dans cette conserve sans

grâce, qui stocke la vaisselle sale, met

 

à mal le dos de l’ouvrier remplisseur et

ne laisse aucune place aux gamelles, aux grands

 

récipients de cuisine généreuse

aux saladiers, aux cruches bienheureuses

 

qui seront lavées par des humaines mains

dans un évier de pierre, ou d’inox, mais humain

 

qui ne passera pas des heures empuanti

dans l’ombre infecte offerte aux miasmes de Darty

Mallarmé et la phrase unique

11150563_990356297665929_4294334902291317834_nJacques Jouet m’a invitée, au début de l’année 2015, dans le cadre de sa résidence d’auteur au Musée Mallarmé de Vulaines-sur-Seine, 77, à écrire avec lui, Frédéric Forte, Benoît Casas, Jean-Paul Honoré, un poème quotidien adressé par la poste aux habitants de la commune de Vulaines, en utilisant une enveloppe ornée par les enfants et les résidents de la maison de retraite de Vulaines.

Nous avons écrit chacun cent-vingt-cinq poèmes. Nous avons rencontré les enfants. Nous avons pris des commandes de poèmes  adressés dans le musée Mallarmé. Nous avons réfléchi à une contrainte, si possible mallarméenne, qui guiderait notre écriture. J’ai choisi d’écrire une phrase unique, quotidiennement suspendue. Ma phrase était souterrainement régie par le diurnoscope inventé par Benoit Richter.

La nuit des musées 2015 était particulièrement blanche au musée Mallarmé, avec un bal littéraire, des lectures, un flash mob, des performances (Benoit Casas dit le Coup de dé, Jacques Jouet sonne minuit sous la pendulette de Saxe), des lectures de Frédéric Forte et Jean-Paul Honoré, des ateliers d’écriture. Avec une vidéo ici de ma performance en bord de Seine, lecture à bout de souffle, à trois heures du matin, de la phrase unique.

 

Ruminations du potentiel

Dans Ruminations du potentiel, aux éditions Nous, Antiphilosophique collection (2016), j’ai écrit deux poèmes sur Marcel Proust, invitée par Jacques Jouet. Ce sont des « à supposer », des phrases uniques, longues, proustiennes, ce sont surtout des essais, sur Proust pour la partie à laquelle je participe, mais aussi le théâtre, Jacques Roubaud, et bien d’autres choses.

Vous les trouverez ici

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